La menace devient maintenant une facture.
Le 22 aoĂ»t 2026, les Ătats-Unis ont effectivement mis en vigueur les droits de douane supplĂ©mentaires annoncĂ©s de 50 % sur toute une sĂ©rie de marchandises canadiennes. Cette mesure Ă©tait initialement prĂ©vue pour le 19 aoĂ»t, mais a Ă©tĂ© reportĂ©e de trois jours en raison des nĂ©gociations en cours. Aucun accord n'a nĂ©anmoins Ă©tĂ© conclu.
Les exportations canadiennes touchĂ©es reprĂ©sentent une valeur d'environ 20 milliards de dollars amĂ©ricains. Celles-ci incluent notamment le vin, les meubles, les produits laitiers, le ciment, les vĂȘtements, les cannes Ă pĂȘche et l'Ă©quipement de hockey. En total, il ne s'agit que d'environ 5 % des exportations canadiennes vers les Ătats-Unis. Cependant, pour un exportateur affectĂ©, ce calcul de pourcentage n'est d'aucune utilitĂ© : si sa marchandise figure sur la liste, 50 % de droits de douane signifie 50 % de droits de douane.
ParticuliĂšrement dĂ©licat est le fait que les nouveaux droits de douane peuvent Ă©galement s'appliquer Ă des marchandises affectĂ©es qui respectent effectivement les rĂšgles d'origine de l'accord de libre-Ă©change nord-amĂ©ricain ALĂNA â appelĂ© ACEUM au Canada. Les Ătats-Unis fondent ces droits de douane supplĂ©mentaires sur la section 338 du Tariff Act amĂ©ricain de 1930. En termes simples, cette ancienne disposition permet au prĂ©sident amĂ©ricain d'imposer des droits de douane supplĂ©mentaires si les Ătats-Unis constatent un prĂ©judice Ă leur commerce.
Le premier ministre canadien Mark Carney a dĂ©sormais interrompu les nĂ©gociations et rappelĂ© les nĂ©gociateurs Ă Ottawa. Sa dĂ©claration Ă©tait assez claire : les Ătats-Unis avaient trop exigĂ© et trop peu offert. Le Canada souhaite donc riposter « dollar pour dollar ».
Ces contre-droits de douane canadiens ne doivent entrer en vigueur que le 8 septembre 2026. Sont prévues notamment des marchandises américaines dans les secteurs de l'acier, des produits laitiers, des électroménagers, des machines agricoles, de la pùte à papier et du papier ainsi que de l'électronique. La liste exacte devrait suivre.
Pour la logistique, la situation devient désagréable. Il ne s'agit pas seulement de coûts de douane plus élevés. Les clients doivent soudainement recalculer les numéros de tarif douanier, l'origine, les Incoterms et les prix de vente. Et celui qui établit un devis aujourd'hui doit déjà compter avec la prochaine série de mesures.
